studio sfr fashion geek metronomy
Octobre 2008 à Paris a cette lumière un peu grise qui rend tout plus électrique. Les feuilles commencent à coller aux trottoirs, les cafés ressortent les plaids, et moi je découvre le Studio SFR, version Fashion Geek, presque par hasard. Une invitation transmise, un nom intriguant, et surtout Metronomy à l’affiche. Il ne m’en fallait pas plus.

Le Studio SFR, à l’époque, c’est ce drôle d’endroit où la technologie se donne des airs de terrain de jeu culturel. Rien à voir avec une boutique classique : on y croise des écrans partout, des installations interactives, des gens qui pianotent sur des téléphones dernier cri comme si c’était déjà banal. En octobre 2008, ça ne l’est pas encore vraiment. L’iPhone commence à peine à s’imposer, Facebook n’a pas encore avalé tout le monde, et le mot “geek” garde quelque chose de légèrement marginal, presque chic quand il se mélange à la mode.
La soirée Fashion Geek joue justement sur ce contraste. Des filles très lookées, bottines impeccables et franges bien nettes, discutent réseaux sociaux et gadgets avec des garçons qui parlent code et musique indé. Je me sens étrangement à ma place, même sans trop savoir pourquoi. Paris adore ces mélanges un peu artificiels, et parfois, ça fonctionne.
Metronomy arrive sans faire de bruit, presque timidement. Pas de pose rock, pas de discours inutile. Juste des synthés, une batterie, et cette manière très anglaise de faire danser sans jamais forcer. Le son est précis, répétitif, presque hypnotique. Je regarde autour de moi : des têtes qui hochent, des sourires discrets, des corps qui bougent sans vraiment s’assumer. C’est exactement ça, Metronomy en 2008. Une musique qu’on ressent plus qu’on ne la montre.
Ce qui me frappe, c’est l’ambiance. On n’est ni dans un concert classique, ni dans une soirée branchée au sens caricatural. Les écrans diffusent des visuels abstraits, les téléphones filment déjà, maladroitement, et tout le monde a l’impression d’assister à quelque chose d’un peu nouveau, sans savoir si ça restera. Ce genre de moment fragile, typiquement parisien, où la hype n’a pas encore tout abîmé.
Je discute avec une fille rencontrée près du bar. Elle travaille dans la mode, parle de blogs comme d’un futur évident, me montre des photos sur son téléphone. Tout semble possible, léger, presque naïf. Octobre 2008, c’est aussi ça : l’avant-crise, l’avant-fatigue. On croit encore que la technologie va être élégante, que la musique indé restera confidentielle, que Paris continuera à inventer des nuits hybrides.
En rentrant chez moi, un peu gelée, j’ai cette sensation douce d’avoir été témoin d’un instant précis. Pas historique, non. Juste un fragment de cette époque où la mode, la musique et le geek se frôlaient sans se prendre trop au sérieux. Et parfois, ça suffit.
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