Abra Carambar
Janvier 2009. Paris digère encore les fêtes, les galettes s’empilent dans les boulangeries, et les bonnes résolutions flottent dans l’air sans vraiment s’accrocher. C’est dans cette ambiance un peu floue que je retombe sur un Carambar, presque par hasard. Un geste banal, et pourtant. Dès que l’emballage se froisse, quelque chose se déclenche. Abra Carambar.
Il y a des goûts qui ramènent instantanément en arrière. Le Carambar fait partie de ceux-là. Ce caramel un peu trop collant, qui résiste aux dents, qui dure longtemps, comme s’il refusait de disparaître. En janvier 2009, alors que tout va vite, que tout se renouvelle sans arrêt, ce bonbon-là a quelque chose de rassurant. Il ne change pas. Ou presque.
Je lis la blague à l’intérieur, évidemment. Mauvaise, prévisible, un peu absurde. Et pourtant, je souris. Pas parce qu’elle est drôle, mais parce qu’elle est exactement à sa place. Le Carambar n’a jamais promis l’intelligence, juste un petit moment de légèreté. Une pause sucrée, sans enjeu.
Autour de moi, tout semble plus sérieux. On parle crise, budgets, avenir incertain. On compte, on anticipe, on fait attention. Le Carambar, lui, n’en a rien à faire. Il colle aux doigts, il tâche parfois les dents, il ne se mange pas élégamment. Et c’est peut-être pour ça qu’il me plaît autant en ce début d’année.
Abra Carambar, c’est presque une formule magique dérisoire. Comme si on pouvait transformer une journée un peu grise en quelque chose de plus doux avec un simple bonbon. Pas une solution, non. Juste un instant. Et parfois, c’est suffisant.
Je repense aux pauses d’école, aux échanges de bonbons, aux papiers qu’on collectionnait pour les blagues. Tout semblait plus simple, ou du moins plus direct. On ne se demandait pas si c’était utile, rentable, cohérent. On mâchait, on riait, on passait à autre chose.
En janvier 2009, je n’attends pas des miracles. Mais j’apprends à apprécier ces petites constantes, ces objets inchangés qui traversent le temps sans se réinventer à tout prix. Le Carambar en fait partie. Il n’a pas besoin d’être tendance, ni vintage. Il est juste là.
Alors oui, Abra Carambar. Pas comme une incantation spectaculaire, mais comme un clin d’œil. Un rappel sucré que tout n’a pas besoin d’évoluer pour rester précieux. Et franchement, pour commencer l’année, ça me va très bien.
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