Ça vous dit ?
Octobre 2008, Paris hésite. Entre l’été qui refuse de partir vraiment et l’automne qui s’installe sans demander la permission. Les matins sont frais, les fins de journée trop courtes, et moi je passe beaucoup de temps à me poser cette question simple, presque naïve : ça vous dit ?
Ça vous dit un café pris debout au zinc, même si on est déjà en retard. Ça vous dit de marcher plutôt que de prendre le métro, juste pour sentir l’air froid sur les joues et regarder les vitrines s’allumer une à une. Paris en octobre donne envie de propositions spontanées, jamais totalement réfléchies.
Je me surprends à lancer ce “ça vous dit ?” de plus en plus souvent. À des amis, à des collègues, parfois même à moi-même. Ça vous dit un concert un mardi soir, sans trop savoir qui joue, juste parce que l’affiche est jolie. Ça vous dit de refaire le monde autour d’un verre de vin un peu trop cher, dans un bar trop petit, mais où la musique est parfaite. On ne planifie pas vraiment, on suggère. Et c’est souvent là que les meilleures choses arrivent.
2008 a ce goût particulier d’entre-deux. On parle beaucoup de crise, sans vraiment savoir à quoi elle va ressembler. On sent que quelque chose vacille, mais on continue à sortir, à créer, à tester. Les blogs se multiplient, les invitations circulent par mail, les soirées s’improvisent. Il y a encore cette légèreté dans l’air, cette impression que tout peut basculer… mais pas ce soir.
Ça vous dit de changer de crème, de coupe de cheveux, de trajectoire, juste pour voir. Ça vous dit de dire oui avant de réfléchir. Je me rends compte que ce sont souvent les moments les plus simples qui restent : un dîner improvisé, une discussion interminable sur un trottoir, une musique entendue par hasard et qu’on n’oublie plus.
Paris encourage ce genre de tentations. La ville elle-même semble murmurer allez, essaye. Un vernissage un peu bancal, un studio rempli de gens qui ne se connaissent pas encore, une idée lancée à la volée. On ne sait jamais très bien où ça mène, mais ce n’est pas si grave. Ce qui compte, c’est le mouvement, l’élan.
Alors oui, ça vous dit ? Ce n’est pas une vraie question, finalement. C’est une invitation déguisée, une manière douce de refuser l’immobilité. En octobre 2008, j’ai envie de croire que dire oui suffit parfois à donner du relief aux jours un peu gris. Et même si tout n’est pas parfait, même si tout ne dure pas, il reste cette sensation agréable d’avoir essayé. Et franchement, ça, ça me dit bien.
Cet article pourrait vous intéresser : Qui a gagné la belle montre Thomas Sabo ?







































































