still here..

Novembre 2009. Paris a cette couleur un peu triste que je lui connais trop bien. Le ciel est bas, les arbres presque nus, et les vitrines commencent déjà à préparer Noël alors que moi, je n’ai clairement pas encore digéré l’automne. Ce matin, j’ai marché longtemps, sans but précis, juste pour vérifier quelque chose : je suis toujours là. Still here.
Il y a des périodes comme ça, où tout paraît flou. Pas vraiment mal, pas vraiment bien non plus. Juste… suspendu. Les jours se ressemblent, les nuits s’étirent, et on a l’impression de fonctionner en pilote automatique. Je prends le métro, je réponds à des mails, je ris avec les autres, et pourtant, à l’intérieur, quelque chose hésite. Comme si une partie de moi était restée coincée dans une parenthèse.
Alors aujourd’hui, j’ai eu envie de me poser cette question toute simple : qu’est-ce que ça veut dire, être encore là ? Pour moi, ça veut dire continuer à marcher même quand l’envie de rester sous la couette est très forte. Ça veut dire appeler une amie juste pour entendre une voix familière. Ça veut dire s’offrir un café brûlant dans un bar trop petit, regarder la buée sur la vitre et se rappeler qu’on est vivante, là, maintenant.
Il y a aussi ces petites victoires minuscules qu’on oublie de célébrer. Se lever quand on n’a pas envie. Sourire quand on est un peu fatiguée. Dire “ça va” sans mentir complètement. On n’en parle pas beaucoup, mais tenir bon, parfois, c’est déjà énorme. Ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas héroïque, mais c’est réel.
Ce mois de novembre me donne envie de douceur. Moins de bruit, moins de plans compliqués, plus de choses simples. Des soirées calmes, des playlists un peu mélancoliques, des lumières tamisées. J’ai envie de me faire la promesse de ne pas me brusquer. D’accepter que certaines périodes soient lentes, grises, floues.
Still here. Ce n’est peut-être pas un slogan hyper glamour, mais c’est une phrase qui me rassure. Ça veut dire que malgré les doutes, malgré la fatigue, malgré l’envie parfois de disparaître sous un plaid, je suis là. Et pour l’instant, ça me suffit.
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