day 3: tallinn

Troisième jour déjà, et ce matin Tallinn m’a réveillée avec une lumière douce, presque nordique, qui glissait sur les pavés encore humides. Depuis ma petite chambre aux rideaux trop lourds, j’entendais les pas feutrés des premiers touristes et le bruit métallique des tramways au loin. Rien à voir avec Paris à huit heures, et pourtant je me suis sentie étrangement chez moi, café brûlant à la main, carnet ouvert sur les genoux.

Tallinn, c’est une ville qui se mérite à pied. Les pavés de la vieille ville sont une épreuve pour mes ballerines parisiennes, mais chaque rue en vaut la peine. Aujourd’hui, j’ai pris mon temps, sans itinéraire précis, laissant mon guide papier (un peu écorné déjà) au fond du sac. J’ai grimpé vers Toompea, essoufflée mais ravie, pour admirer les toits rouges alignés comme un décor de théâtre. De là-haut, la ville semble figée dans un autre siècle, et en même temps incroyablement vivante.

La cathédrale Alexandre Nevski m’a arrêtée net. Trop imposante, presque théâtrale, mais fascinante. À l’intérieur, l’odeur de cire et le chant grave m’ont enveloppée. J’ai pensé à Paris, à Notre-Dame, et à cette manière qu’ont les villes anciennes de vous rappeler que vous n’êtes que de passage. Ça calme. Ça recentre.

À midi, pause improvisée dans un petit café planqué derrière une façade médiévale. Menu en estonien, serveuse souriante, et moi qui pointe du doigt au hasard. Résultat : une soupe chaude, même en juin, mais délicieuse, et un pain noir dense qui m’a surprise. Je paie en kroons, encore un peu maladroite avec la monnaie, et je me dis que voyager, c’est aussi accepter de ne pas tout maîtriser. À Paris, je râlerais. Ici, ça me fait sourire.

L’après-midi a filé entre remparts, petites boutiques artisanales et bancs au soleil. J’ai observé les gens, beaucoup de voyageurs, quelques locaux pressés, et cette impression constante que le passé et le présent cohabitent sans se gêner. On parle de Tallinn comme d’une ville ultra-connectée, berceau de Skype, et pourtant je me surprends à oublier complètement mon téléphone. Pas de GPS, pas de photos compulsives. Juste mes yeux et mes souvenirs.

Ce soir, en redescendant vers mon hôtel, j’ai senti la fatigue douce d’une journée bien remplie. Tallinn ne se livre pas dans l’exubérance, elle chuchote. Et moi, parisienne habituée au bruit, j’apprends ici à écouter. Demain, il faudra déjà penser au départ. Mais pour l’instant, day 3, Tallinn, et cette sensation rare : être exactement là où il faut.

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