Hej Stockholm

Juin 2009. J’écris ces lignes depuis une chambre claire, avec une fenêtre qui donne sur l’eau. Oui, de l’eau partout. Des ponts, des îles, des reflets qui bougent au rythme des bateaux. Stockholm m’a accueillie avec cette lumière étrange du Nord, presque irréelle, qui donne l’impression que la journée ne veut jamais vraiment finir. Hej Stockholm, me suis-je dit en posant ma valise, un peu sonnée par le calme.
Ici, tout semble plus lent et plus net à la fois. Les rues sont propres (presque trop propres pour une Parisienne), les gens parlent doucement, et même le bruit des pas sur les pavés paraît feutré. Je me balade sans plan précis, juste avec l’envie de me perdre. Gamla Stan me donne l’impression de marcher dans un décor de conte : façades colorées, ruelles étroites, petites boutiques où l’on vend des objets dont je n’ai absolument pas besoin mais que j’ai très envie de ramener quand même.
Je m’arrête souvent pour boire un café (oui, je continue ma tournée mondiale des cafés, apparemment). Ici, on prend le temps. On s’assoit, on regarde l’eau, on observe les gens qui passent à vélo, tranquilles, presque trop sages. Je me sens un peu bruyante avec mon accent, mes gestes, mon enthousiasme de touriste. Mais ça me fait du bien de ralentir, de me laisser contaminer par cette douceur scandinave.
Le soir, la lumière s’étire encore. Il est presque 22h et le ciel refuse de s’éteindre. Je marche le long des quais, les mains dans les poches, avec cette sensation bizarre d’être loin de tout et pourtant très présente à moi-même. Voyager, c’est souvent ça : changer de décor pour mieux s’écouter. À Paris, je cours. Ici, je flotte.
Je note mentalement les détails que je veux garder : l’odeur du bois mouillé près de l’eau, les façades pastel qui se reflètent dans les canaux, le silence presque respectueux dans les transports. Et puis ce mot, hej, si simple, si doux, qui semble ouvrir toutes les portes.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire demain. Peut-être prendre un bateau, peut-être me perdre encore. Mais ce soir, Stockholm me donne l’impression d’un refuge lumineux. Une parenthèse claire dans mon été. Et franchement, j’avais besoin de ça.
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